Chaque été, le millepertuis perforé illumine les chemins de ses petites fleurs jaune d’or. Derrière son apparence discrète se cache une plante utilisée depuis des siècles pour ses propriétés apaisantes sur la peau.

À la maison, c’est un rendez-vous que je ne manque jamais. Dès que le millepertuis est en fleurs, je pars en récolter quelques poignées afin de préparer ma fameuse huile rouge. Cette macération solaire est devenue un indispensable de notre pharmacie familiale.

Je vous explique aujourd’hui comment reconnaître le millepertuis perforé, le récolter de manière responsable et fabriquer facilement votre propre huile rouge.

Le millepertuis perforé (Hypericum perforatum) est une plante vivace que l’on rencontre fréquemment dans les prairies, les talus, les bords de chemins ou les terrains ensoleillés.

On le reconnaît grâce à plusieurs caractéristiques :

  • ses fleurs jaune vif composées de cinq pétales ;
  • ses nombreuses étamines regroupées en petits bouquets ;
  • ses boutons floraux qui libèrent un pigment rouge lorsqu’on les écrase entre les doigts ;
  • ses feuilles ovales, parsemées de minuscules points translucides visibles à la lumière, qui donnent l’impression qu’elles sont perforées. C’est cette particularité qui lui a valu son nom de « millepertuis perforé ».

Avant toute récolte, prenez toujours le temps d’observer attentivement la plante et assurez-vous de son identification.

La récolte s’effectue généralement entre la fin juin et le mois de juillet, lorsque les fleurs sont bien ouvertes.

Choisissez une journée sèche, après l’évaporation de la rosée.

Récoltez uniquement les sommités fleuries en laissant suffisamment de fleurs sur place pour permettre à la plante de poursuivre son cycle et nourrir les insectes pollinisateurs.

Comme toujours, privilégiez des lieux éloignés des routes, des traitements agricoles et des zones polluées.

La fabrication est très simple.

Les ingrédients

  • des fleurs fraîches de millepertuis perforé ;
  • une huile végétale de qualité (olive ma préférée, tournesol ou amande douce, selon vos préférences) ;
  • un bocal en verre propre et sec.

La préparation

Remplissez le bocal sans tasser avec les fleurs fraîchement récoltées.

Recouvrez-les entièrement d’huile afin qu’aucune partie végétale ne dépasse.

Fermez le bocal puis placez-le dans un endroit lumineux pendant trois à quatre semaines.

Au fil des jours, l’huile prend progressivement une magnifique couleur rouge rubis. Cette transformation est due aux pigments naturellement présents dans les fleurs.

Pensez à agiter délicatement le bocal tous les deux ou trois jours.

Une fois la macération terminée, filtrez soigneusement l’huile à l’aide d’une étamine, d’un linge propre ou d’un filtre fin.

Pressez légèrement les fleurs afin de récupérer un maximum d’huile. Transvasez ensuite votre préparation dans une bouteille en verre teinté, à l’abri de la lumière et de la chaleur. Conservée dans de bonnes conditions, elle peut se garder plusieurs mois.

Dans notre famille, cette huile fait partie des préparations que nous réalisons chaque été.

Elle est traditionnellement utilisée en application locale pour apaiser les petites irritations de la peau, les rougeurs, les échauffements ou les sensations d’inconfort après une exposition au soleil.

Quelques gouttes suffisent. Massez délicatement la zone concernée jusqu’à pénétration complète.

Cette huile est également appréciée pour les petits massages après une journée de jardinage ou de randonnée.

Précautions d’emploi

Cet article concerne uniquement la préparation d’une huile destinée à un usage externe.

En usage externe, il est recommandé de ne pas appliquer l’huile de millepertuis juste avant une exposition au soleil, car la plante est connue pour son effet photosensibilisant (Risque de brûlure ; Ne pas s’exposer à la lumière durant les 12h qui suivent l’application de l’huile).

Ne pas utiliser chez la femme enceinte, allaitante et chez l’enfant de moins de 6 ans.

Préparer son huile de millepertuis, c’est renouer avec des savoir-faire simples transmis depuis des générations.

C’est aussi apprendre à observer les saisons, reconnaître les plantes qui nous entourent et constituer, petit à petit, une pharmacie familiale naturelle adaptée aux petits besoins du quotidien.

Et vous, réalisez-vous chaque été votre huile rouge de millepertuis ?


À propos de l’auteur

Aurélie – Nature, autonomie & vie simple en famille.
J'aide les familles à se reconnecter au vivant et à cultiver une vie plus autonome, pas à pas.

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